Qu'est-ce que le Yaoi et pourquoi les filles aiment ça ?

Publié le par tanukimag

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Parlons d’un sujet qui fâche lorsqu’il ne provoque pas une salve de hurlements hystériques, rires, acclamations et

autres réjouissances : le Yaoi. Comme de nombreux termes de bande dessiné et manga, le terme Yaoi n’existe pas au dictionnaire, aussi n’existe-t-il pas de définition officielle. Cependant, on peut simplement l’expliquer de cette manière : «  C’est un genre de mangas mais aussi de jeux vidéos et d’animé mettant en scène une relation entre homme, qu’elle soit sexuelle ou non ».

Il serait l’acronyme de « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nachi » dont les traductions diffèrent, la plus usité étant « Pas de pic, pas de chute, pas d'histoire » bien que « pas de climax , pas de chute, pas de sens » me semble plus approprié. Un bel esprit d’autodérision en réalité puisqu’on entend ici qu’il n’y a pas de climax dans la narration, pas de chute dans le récit et pas de sens dans l’histoire. Et cela se comprend assez aisément lorsque l’on sait que le Yaoi a vu le jour dans les dôjinshi, c’est-à-dire des fanzinats auto-publiés reprenant des mangas plus ou moins connus et ajoutant une relation sexuelle ou non entre deux personnages masculins. Allant de la fleur bleu à la pornographie en passant par tous les stades de l’érotisme, raconter une histoire n’était effectivement pas le souci principal des auteurs ou plutôt des auteures.

Effectivement, il est important de savoir que le yaoi est destiné aux femmes et qu’il est principalement dessiné par des femmes. Si les homosexuels peuvent y trouver leur compte, ils ont cependant un genre de manga qui leur est propre : le bara, plus réaliste semble-t-il.

 

Et un homme qui aime un autre homme plait aux femmes...Pourquoi ?

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Mais pourquoi un tel engouement chez le public féminin ? Allez, vous pouvez l’avouer messieurs, vous vous êtes tous posé la question un jour et vous ne voyez rien de particulièrement intéressant dans ces relations entre grand machin virils et petite croquette plus féminin que miss météo qui est pourtant un sacré beau brin de fille. Ce n’est pas faux… Mais c’est également loin d’être tout. Comme le graphisme est l’une des premières choses que l’on regarde dans un manga, on va commencer par là. Oui, on sait que tous les mecs y sont craquants et franchement à baver, mais vous noterez que les styles sont très différents d’un yaoi à l’autre. Il n’y a pas de traits particuliers propres au Yaoi comme c’est le cas pour le Shôjo. 

Les thèmes abordés sont également plus noir et plus décadents si l’on peut dire. Viols, inceste, passé traumatisant ; les personnages sont attendrissants et réveillent la compassion de la lectrice qui leur souhaitent de trouver le bonheur par l’amour malgré tout les pépins croisés en chemin.  Le ton est plus réaliste qu’érotique, plus profond et peut-être plus passionnant pour des femmes ne croyants pas au prince charmant. Les histoires peuvent mal y finir tout comme elles peuvent s’arranger. De plus, on y trouve des scènes de sexe intégrées dans l’histoire. C’est triste à dire, mais je ne connais pas un manga Shôjo avec un rapport entre les protagonistes. C’est directement classé hentaï et réservé à ces messieurs. Pas de quoi s’étonner qu’on s’en paye une sacré tranche dans les boy’s love ~

 

C’est ici que le bat blesse, lorsque les scènes de viols apparaissent. Par définition, un viol est traumatisant et négatifs…Sauf dans les Yaoi. Pour comprendre ce phénomène, il faut se replacer dans le contexte de la société japonaise. Lorsque les jeunes japonaises lisent ceci, confrontée au quotidien à la retenu des hommes de leur entourage, elles y voient l’expression la plus brute de l’amour, il s’agit donc d’une preuve d’amour. Qui aime bien châtie bien comme on dit ~. Certes, le personnage dit « non » et ne semble pas au mieux de sa forme mais qu’importe puisqu’au final, il atteint tout de même l’orgasme, il y répond donc positivement. C’est une image classique de la pornographie japonaise : la femme ne doit pas être consentante dès le départ pour ne pas être étiqueté en tant que trainée ou fille facile, ce qui ne l’empêche pas d’en profiter par la suite.  Instinctivement, les demoiselles le comprennent puisqu’elles aussi confronté aux problèmes d’étiquette bien que cela soit moins marqués par chez nous. De plus, une scène de viol sur un personnage féminin réveille les féministes en nous et l’on s’insurge de voir l’héroïne ainsi soumise aux caprices de son homme. C’est notre dignité qui est épargnée lorsque c’est l’homme qui prend, littéralement.♥

 

Enfin, et c’est le point le plus important à mes yeux, l’égalité entre les sexes. Personnellement, je ne réagis pas comme Tohru de Fruit basket ou Sakura de Tsubasa Reservoir Chronicles. Les personnages de Shôjo ne nous ressemblent pas tant que ça et ça peut agacer. On ne voit pas beaucoup de Lady Oscar mais beaucoup plus de jolies jeunes filles à marier et dieu sait que ce n’est pas notre objectif. Pas ainsi, en sacrifiant carrière et liberté pour notre amour bien-aimé, n’en déplaise à ces messieurs.

À côté, on a beau retrouvé une caricature de fille, les schémas sont différents, il  y a plus de liberté entre deux hommes qu’entre un homme et une femme. Les réactions nous semblent plus logiques (quoique parfois franchement abusives à mes yeux dans pas mal d’œuvres). Il n’y a pas de contraceptions, de risques de grossesse, pas de femme au foyer s’il y a mariage. Les soucis féminins n’y ont pas leur place si ce n’est dans les sentiments. Enfin libre !

 

Si vous voulez en savoir davantage, n'hésitez pas à lire un de nos prochains articles !Le-Yaoi-copie-1.jpg

Publié dans Culture

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Biscuit 23/11/2016 00:30

Je suis d’accord avec les commentaires précédents ; le Yaoi ce n’est pas qu’un homme viril avec un homme efféminé. Je suis aussi d’accord qu’il faut comparer le Yaoi au Yuri. Beaucoup d’hommes aiment le Yuri donc l’inverse n’est pas bizarre ou illogique.
Mais il y a quand même quelque chose qui pousse à apprécier le Yaoi plus que des couples hétéro dans les Anime et Manga et ça c’est la place des personnages féminins dans l’histoire comme dans les doujinshi.

Pour ce qui est des shipping où pourtant un des deux garçons est « amoureux de la jolie fille de l’histoire » (pour reprendre le commentaire précédent), c’est souvent assez clair. Je remarque que moi, je n’ai pas forcément envie de mettre en couple deux garçons quand la fille est intéressante. Elle peut même être faible de caractère tant qu’elle est attachante et a une bonne place dans le scénario, ça passe. Mais ce n’est pas si souvent le cas.
C’est peut-être aussi une façon de dire chez les spectatrices : « Non, je n’ai pas envie de voir un personnage féminin comme ça. »

Kumarin parlait du Femdom en voilà un que j’aime beaucoup (Temari/Shikamaru) :
http://fenhentai.blogspot.com/2015/03/lust-of-suna-naruto-bomb.html?zx=ae96abc9fa924cfd
Mais malgré tout, Temari se retrouve avec une poitrine surdimensionnée et même si on voit Shikamaru, ce n’est rien à côté des têtes que nous fait Temari.
Le problème c’est que pour trouver ça, c’est dur…
Donc quand on passe dans le Hentai, même lorsqu’on aime le couple en question, on en a parfois marre de voir notre personnage qui a une poitrine normale se retrouver avec des pastèques, de voir les dessins centrés presque uniquement sur la femme qui pleure littéralement de plaisir tandis qu’on voit rarement le visage de l’homme et quand on le voit, la tête n’est pas forcément celle qu’on attend (sourire sadique). C’est bien évidemment une généralisation, ça n’est pas toujours le cas (comme le doujinshi que je propose), mais c’est ça bien souvent.

Au final, ce n’est pas ce que les femmes ont envie de voir. Alors pour être sûr de voir une romance avec des personnages intéressant ou un homme sexy plein de plaisir, pas vraiment d’autres choix… Le Yaoi.

Tyler 17/08/2016 02:14

Parce que c'est très sexy.

Kumarin 01/08/2016 06:31

Quand je pense qu’il y a un temps –bientôt dix ans- on disait : « le Yaoi c’est pour les fillettes en mal de confiance et d’amour qui veulent voir plus de bites, mais s’imagine à la place du Uke ». Ca a enfin changé, mais ce n’est pas encore ça. Il y a encore des personnes pour dire que le Yaoi « c’est pour passer la puberté, puis après on passe à autre chose ». Pour moi ceux qui disent ça veulent dire : passé la puberté, tu ne regardes plus de porn et ça ne t’attire plus. Désolé de vous décevoir, mais non. Même avec un travail, un compagnon et après avoir « dépassée la date de péremption », on ne dit pas souvent non au porn.

Ca fait plaisir de lire un article bien écrit et aussi intéressant. Même si je ne suis pas d’accord sur tout. Car si tout est vrai, on ne prend en compte de cette vérité.

Un petit rappel : A la base Yaoi signifie la même chose que le Hentai, mais avec des hommes (non « bodybuildés »). Donc Yaoi = Pornographie. Sans sexe, cela se nomme Shounen-ai. Le terme « Yaoi » a bien évolué en occident
Le Bara, lui, fait apparaître des hommes avec beaucoup (beaucoup) plus de muscle. Plus réaliste ? Je ne sais pas. Le genre d’hommes que je voie dans les Bara ne fait pas partie des hommes que l’on voit le plus dans la rue.

Déjà ta définition du couple Yaoi : « grand machin virils et petite croquette plus féminin que miss météo » me gêne un peu.
Ironiquement, les personnages les plus « touchés » par le Yaoi sont des personnages sortis d’œuvres déjà existantes à la base qui peuvent même être amoureux de la jolie fille de l’histoire. Ce sont donc parfois des personnages qui auront donc été pu dessinés par des hommes dans des histoires de grosses bastons puis qui auront été détournés par les fans. De ce fait ils ne peuvent pas toujours correspondre toujours à cette définition.

Quant au thème du viol…
Les relations hommes/femmes au Japon sont différentes de celle en occident, certes, mais pas au point de glorifier le viol de la façon tel que tu le décrits. Car s’il faut être non consentant pour ne pas être vue comme une pute, c’est bien là une glorification du viol. Les japonaises ne vont pas dire « je ne suis pas sûr de vouloir » pour éviter de se faire voir de travers par leur partenaire.
Ces histoires de viol (qui existent dans toutes les sexualités) tiennent en fait plus du fantasme (sadisme, masochisme ou désir d’être désiré) qu’à une véritable exigence social japonaise. De plus, dire « non » et avoir un orgasme n’est malheureusement pas contradictoire…
Après, il ne faut pas généraliser non plus : tous les thèmes de Yaoi ne sont pas sombres. Certains fans de Yaoi n’aiment d’ailleurs pas ça du tout.
Et l’inceste, c’est encore autre chose.

L’égalité des sexes ?
« Enfin libre ! » Enfin libre ?
Le fait de vouloir mettre une distance entre les problèmes féminins dans le Yaoi, notamment les romances, est vraie pour certaines personnes. Mais s’il faut se mettre à la place d’un homme pour se sentir libre… C’est plutôt problématique, non ? On est bien loin de l’égalité des sexes.
C’était ici qu’il aurait fallu parler des relations hommes/femmes au Japon et non dans le viol.
Mais ne soyons pas mauvaise langue, on trouve quand même quelques fois –certes bien plus rarement- des personnages féminins très intéressant qui sont pourtant rejetée pour le Yaoi.
Quoiqu’il en soit, sur le plan purement pornographique, le Femdom existe (j’ai d’ailleurs l’impression que les modérateurs des sites de Hentai ont beaucoup de mal à comprendre cette définition…). Car on n’est pas obligé de voir une femme prendre la pilule dans chaque doujinshi. Quant aux préservatifs, ils sont en réalité tout autant utile dans les relations entre hommes (MST).

Une petite conclusion…
Pourtant l’attirance pour ces histoires homosexuelles ne se limite pas aux mangas ou anime. Mais aux séries, films, livres, etc. Mais peut-être le Yaoi a permis une visualisation plus concrète de ce fait ainsi qu’une libération de ce fantasme féminin.
Une relation sexuelle entre deux hommes (ou deux femmes) apporte de l’exotisme, du tabou dans notre civilisation encore touchée par des interdits homophobes. Puis on dit que les femmes adorent les romances. Et voilà, on a la définition occidentale du Yaoi !

Si le point le plus important à tes yeux est l’égalité entre les sexes peut-être que cette seule phrase aurait pu suffire :
Le fait que beaucoup hommes aiment voir deux femmes ensemble n’est pas un secret. Même Homer Simpson a fantasmé dessus avec Marge en vedette embrassant une autre femme.
Alors pourquoi en faire tout une étude quand il s’agit de l’inverse ?

Et n’oublions pas non plus, malgré tout, certains hommes, certes bien plus rares, aiment le Yaoi.

Calychoco 18/02/2014 11:33

J'ai trouvé ton article très intéressant, il a répondu un peu à mes questions ^^ Etant moi-même une fille, j'aime également beaucoup le Yaoi et je m'autorise à donner des explications personnelles
en plus ^^
Les filles pourraient aussi aimer le Yaoi car elles se projetteraient dans l'image du seme. En effet, on remarque souvent que dans les rapports (sexuels), la femme "subit" généralement l'action
(n'y voyez aucun sexisme de ma part !) et on peut penser qu'elle tire un certain plaisir (si je peux m'exprimer ainsi) à voir le uke en "victime" de l'acte, une très légère forme de vengeance
muhuhu
Cet avis n'engage que moi, mais j'espère avoir apporté un petit plus à ton article, déjà très bien rédigé ;)

Shigure 13/01/2012 22:27

moi ce qui m'attire le yaoi, c'est pas trop tous ça , les histoires sont généralement porter sur une belle histoire et pas obligatoirement sur le sexe, contrairement aux Hentais qui eux mette le
sexe en avant, en plus les personnages sont plus agréable à regarder, lire