Présentation

Jeudi 24 novembre 4 24 /11 /Nov 13:16

dossier jeu du chat souris 2

Parlons d’un sujet qui fâche lorsqu’il ne provoque pas une salve de hurlements hystériques, rires, acclamations et

autres réjouissances : le Yaoi. Comme de nombreux termes de bande dessiné et manga, le terme Yaoi n’existe pas au dictionnaire, aussi n’existe-t-il pas de définition officielle. Cependant, on peut simplement l’expliquer de cette manière : «  C’est un genre de mangas mais aussi de jeux vidéos et d’animé mettant en scène une relation entre homme, qu’elle soit sexuelle ou non ».

Il serait l’acronyme de « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nachi » dont les traductions diffèrent, la plus usité étant « Pas de pic, pas de chute, pas d'histoire » bien que « pas de climax , pas de chute, pas de sens » me semble plus approprié. Un bel esprit d’autodérision en réalité puisqu’on entend ici qu’il n’y a pas de climax dans la narration, pas de chute dans le récit et pas de sens dans l’histoire. Et cela se comprend assez aisément lorsque l’on sait que le Yaoi a vu le jour dans les dôjinshi, c’est-à-dire des fanzinats auto-publiés reprenant des mangas plus ou moins connus et ajoutant une relation sexuelle ou non entre deux personnages masculins. Allant de la fleur bleu à la pornographie en passant par tous les stades de l’érotisme, raconter une histoire n’était effectivement pas le souci principal des auteurs ou plutôt des auteures.

Effectivement, il est important de savoir que le yaoi est destiné aux femmes et qu’il est principalement dessiné par des femmes. Si les homosexuels peuvent y trouver leur compte, ils ont cependant un genre de manga qui leur est propre : le bara, plus réaliste semble-t-il.

 

Et un homme qui aime un autre homme plait aux femmes...Pourquoi ?

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Mais pourquoi un tel engouement chez le public féminin ? Allez, vous pouvez l’avouer messieurs, vous vous êtes tous posé la question un jour et vous ne voyez rien de particulièrement intéressant dans ces relations entre grand machin virils et petite croquette plus féminin que miss météo qui est pourtant un sacré beau brin de fille. Ce n’est pas faux… Mais c’est également loin d’être tout. Comme le graphisme est l’une des premières choses que l’on regarde dans un manga, on va commencer par là. Oui, on sait que tous les mecs y sont craquants et franchement à baver, mais vous noterez que les styles sont très différents d’un yaoi à l’autre. Il n’y a pas de traits particuliers propres au Yaoi comme c’est le cas pour le Shôjo. 

Les thèmes abordés sont également plus noir et plus décadents si l’on peut dire. Viols, inceste, passé traumatisant ; les personnages sont attendrissants et réveillent la compassion de la lectrice qui leur souhaitent de trouver le bonheur par l’amour malgré tout les pépins croisés en chemin.  Le ton est plus réaliste qu’érotique, plus profond et peut-être plus passionnant pour des femmes ne croyants pas au prince charmant. Les histoires peuvent mal y finir tout comme elles peuvent s’arranger. De plus, on y trouve des scènes de sexe intégrées dans l’histoire. C’est triste à dire, mais je ne connais pas un manga Shôjo avec un rapport entre les protagonistes. C’est directement classé hentaï et réservé à ces messieurs. Pas de quoi s’étonner qu’on s’en paye une sacré tranche dans les boy’s love ~

 

C’est ici que le bat blesse, lorsque les scènes de viols apparaissent. Par définition, un viol est traumatisant et négatifs…Sauf dans les Yaoi. Pour comprendre ce phénomène, il faut se replacer dans le contexte de la société japonaise. Lorsque les jeunes japonaises lisent ceci, confrontée au quotidien à la retenu des hommes de leur entourage, elles y voient l’expression la plus brute de l’amour, il s’agit donc d’une preuve d’amour. Qui aime bien châtie bien comme on dit ~. Certes, le personnage dit « non » et ne semble pas au mieux de sa forme mais qu’importe puisqu’au final, il atteint tout de même l’orgasme, il y répond donc positivement. C’est une image classique de la pornographie japonaise : la femme ne doit pas être consentante dès le départ pour ne pas être étiqueté en tant que trainée ou fille facile, ce qui ne l’empêche pas d’en profiter par la suite.  Instinctivement, les demoiselles le comprennent puisqu’elles aussi confronté aux problèmes d’étiquette bien que cela soit moins marqués par chez nous. De plus, une scène de viol sur un personnage féminin réveille les féministes en nous et l’on s’insurge de voir l’héroïne ainsi soumise aux caprices de son homme. C’est notre dignité qui est épargnée lorsque c’est l’homme qui prend, littéralement.♥

 

Enfin, et c’est le point le plus important à mes yeux, l’égalité entre les sexes. Personnellement, je ne réagis pas comme Tohru de Fruit basket ou Sakura de Tsubasa Reservoir Chronicles. Les personnages de Shôjo ne nous ressemblent pas tant que ça et ça peut agacer. On ne voit pas beaucoup de Lady Oscar mais beaucoup plus de jolies jeunes filles à marier et dieu sait que ce n’est pas notre objectif. Pas ainsi, en sacrifiant carrière et liberté pour notre amour bien-aimé, n’en déplaise à ces messieurs.

À côté, on a beau retrouvé une caricature de fille, les schémas sont différents, il  y a plus de liberté entre deux hommes qu’entre un homme et une femme. Les réactions nous semblent plus logiques (quoique parfois franchement abusives à mes yeux dans pas mal d’œuvres). Il n’y a pas de contraceptions, de risques de grossesse, pas de femme au foyer s’il y a mariage. Les soucis féminins n’y ont pas leur place si ce n’est dans les sentiments. Enfin libre !

 

Si vous voulez en savoir davantage, n'hésitez pas à lire un de nos prochains articles ! Le-Yaoi-copie-1.jpg

Par tanukimag - Publié dans : Culture
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